Nouveaux Records du CAC 40 : 7 actions de l’indice qui ont encore un gros potentiel
Les semi-conducteurs corrigent fortement, la Corée du Sud décroche, certaines valeurs perdent près de 10 % malgré de bons résultats… et comme souvent, beaucoup d’investisseurs se demandent s’il faut déjà acheter la baisse.
Pour ma part, je préfère attendre.
Quand un secteur a progressé de plusieurs centaines de pourcents et que le graphique commence à se retourner, une baisse de 10 ou 15 % ne suffit pas forcément à créer une opportunité. On peut avoir une excellente entreprise, de belles perspectives et malgré tout acheter beaucoup trop cher.
C’est exactement ce qu’on a vu ces dernières années avec le luxe, les médicaments contre l’obésité ou encore l’or. Pendant la hausse, tout le monde en parle. Les médias s’emballent, les prévisions deviennent de plus en plus optimistes et les investisseurs finissent par acheter simplement parce que les cours montent.
Quelques mois plus tard, le secteur corrige et plus personne ne veut en entendre parler.
Le scénario se répète très régulièrement.
LVMH : Une bonne entreprise peut rester un mauvais investissement
C’est une distinction importante.
Une entreprise peut avoir un bon produit, des marges élevées, une marque reconnue et une croissance correcte. Cela ne signifie pas automatiquement que son action est intéressante au prix du moment.
LVMH illustre assez bien cette situation.
Les derniers résultats montrent une stabilisation. Le chiffre d’affaires du semestre atteint 38,6 milliards d’euros. Il recule de 3 % en données publiées, mais progresse de 2 % à taux de change et périmètre comparables.
Le deuxième trimestre montre même une légère accélération par rapport au premier.
Certaines activités progressent correctement. Les montres et la joaillerie avancent de 9 %, les vins et spiritueux de 5 %, tout comme la distribution sélective, notamment portée par Sephora.
Le problème reste la mode et la maroquinerie, qui représentent une part importante des profits du groupe.
Le chiffre d’affaires organique de cette division recule de 1 % sur le semestre, tandis que le résultat opérationnel baisse de 7 %. La marge passe de 34,7 % à 34,1 %.
Ce n’est évidemment pas catastrophique. LVMH reste très rentable, génère du cash et conserve un bilan solide. Mais avec une croissance encore modeste et une action valorisée autour de 21 fois les bénéfices attendus, je ne trouve pas la prime de risque exceptionnelle.
Graphiquement, la tendance reste également fragile.
La reprise des 545 euros pourrait commencer à rendre le dossier plus intéressant, mais pour le moment, je reste à l’écart.
SAP commence à devenir beaucoup plus intéressante
Le dossier SAP me plaît davantage.
L’entreprise continue de réussir sa transition vers le cloud. Le chiffre d’affaires cloud progresse de 24 % à taux de change constant et atteint environ 6,3 milliards d’euros.
La Cloud ERP Suite, qui représente le cœur de l’offre, avance encore plus vite avec une croissance de 27 %.
Autre chiffre important : le carnet de commandes cloud approche 23 milliards d’euros. Cela donne une bonne visibilité sur les revenus des prochains trimestres.
Le chiffre d’affaires global progresse de 11 % à taux de change constant, tandis que le résultat opérationnel avance de 9 %. La marge brute du cloud approche 75 %, ce qui rappelle la qualité économique de ce type de logiciel.
Une fois les infrastructures développées et les clients installés, chaque nouvel abonnement peut générer beaucoup de marge. Et changer complètement de logiciel de gestion dans une grande entreprise prend du temps, coûte cher et perturbe les opérations.
SAP bénéficie donc d’un vrai coût de sortie pour ses clients.
Le marché reste cependant inquiet à cause de l’intelligence artificielle et de son impact potentiel sur les éditeurs de logiciels. Je pense plutôt que les meilleurs acteurs réussiront à intégrer l’IA à leurs produits, mais cela reste une opinion. Le graphique doit encore confirmer que les investisseurs reviennent sur le dossier.
La valorisation devient néanmoins plus acceptable. L’action se paie environ 22 fois les bénéfices attendus, avec une croissance nettement supérieure à celle de nombreuses grandes entreprises européennes.
Une cassure propre de la zone des 162 euros pourrait constituer un premier signal intéressant. EssilorLuxottica : de bons résultats, mais pas encore de retournement.
EssilorLuxottica a beaucoup corrigé ces derniers mois
Sur six mois, l’action affiche une baisse supérieure à 20 %. Là encore, cela ne suffit pas pour parler automatiquement de soldes.
Le chiffre d’affaires progresse de 8,7 %. L’activité directe auprès des consommateurs avance de 11,9 %, contre 4,9 % pour les solutions professionnelles.
Le résultat opérationnel atteint 2,75 milliards d’euros et progresse de 15 % à taux de change constant. La marge opérationnelle monte à 18,9 %, soit une amélioration de 80 points de base.
C’est plutôt rassurant.
Le groupe parvient à faire progresser ses bénéfices plus rapidement que son chiffre d’affaires, ce qui est généralement un bon signe. Le free cash-flow atteint environ 1 milliard d’euros et la dette reste maîtrisée, autour de deux fois l’EBITDA.
La valorisation commence également à devenir plus raisonnable, autour de 23 fois les bénéfices attendus, contre des multiples bien plus élevés il y a quelques mois.
Le dossier peut donc revenir dans une watchlist.
En revanche, le graphique reste baissier. Une reprise de la zone des 186 à 188 euros pourrait commencer à changer la dynamique. Avant cela, je préfère attendre une vraie stabilisation plutôt que d’essayer d’attraper le point bas.
Visa reste exceptionnelle… mais encore chère
Visa continue de publier des chiffres impressionnants.
Le chiffre d’affaires progresse de 14 % à 11,6 milliards de dollars. Les volumes de paiement augmentent de 10 %, tout comme le nombre de transactions traitées.
Les transactions transfrontalières avancent de 13 %. Elles sont particulièrement intéressantes pour Visa, car elles génèrent généralement davantage de revenus que les paiements domestiques.
La société a également produit 6,1 milliards de dollars de free cash-flow en seulement trois mois.
Presque tout a été redistribué aux actionnaires, avec 4,9 milliards de dollars de rachats d’actions et 1,3 milliard de dividendes.
Le principal point de vigilance vient des dépenses, qui progressent de 17 %, donc plus rapidement que le chiffre d’affaires. Le bénéfice net ajusté n’augmente ainsi que de 8 % et le bénéfice par action de 11 %.
Cela reste très bon, mais la valorisation approche encore 27 à 28 fois les bénéfices attendus.
Pour une entreprise de cette qualité, ce n’est pas absurde.
Mais j’aimerais avoir un meilleur point d’entrée, idéalement autour de 290 à 300 dollars.
Air Liquide reste solide, mais le prix limite le potentiel
Air Liquide continue de faire ce qu’on attend d’elle : progresser régulièrement, même dans un environnement industriel compliqué.
Le chiffre d’affaires publié avance de seulement 0,8 %, mais la croissance comparable atteint 2,6 %, avec une accélération de 3,5 % au deuxième trimestre.
Le résultat opérationnel progresse beaucoup plus rapidement, de 10,2 % hors effet de change.
La marge opérationnelle passe de 19,9 % à 20,9 %, soit un gain de 110 points de base. Le groupe profite notamment de hausses de prix et de 299 millions d’euros d’économies.
L’électronique reste l’activité la plus dynamique, avec une croissance supérieure à 10 % au deuxième trimestre. Air Liquide profite des investissements dans les semi-conducteurs, les mémoires HBM et les nouvelles capacités liées à l’intelligence artificielle.
Le carnet de projets atteint désormais 6 milliards d’euros, en hausse de plus de 30 %.
Le dossier est donc solide.Maisavec une valorisation proche de 27 fois les bénéfices attendus, je trouve l’action chère par rapport à sa croissance.
Je vois davantage une configuration de trading sur cassure et pullback qu’une opportunité évidente d’investissement à long terme au prix actuel.
Les opportunités apparaissent souvent là où personne ne regarde
Parmi les dossiers analysés, Workday fait partie de ceux qui m’intéressent le plus.
L’action a beaucoup souffert à cause des craintes autour de l’IA et des logiciels. Pourtant, les fondamentaux restent solides, la croissance est toujours présente et la valorisation est devenue beaucoup plus raisonnable.
Le titre se paie environ 14 à 15 fois les bénéfices attendus, avec un potentiel théorique proche de 40 % selon les modèles utilisés dans mon analyse.
J’ai commencé à acheter avec les membres du Rique Bourse Club autour de 145 dollars et je surveille désormais un éventuel renforcement.
Legrand fait également partie de mes valeurs préférées sur PEA. L’entreprise reste cependant trop chère à mon goût. Une correction vers 100 ou 105 euros pourrait commencer à rendre le dossier beaucoup plus intéressant, à condition d’avoir ensuite une réaction haussière propre.
C’est finalement l’idée générale.
Je préfère acheter une entreprise solide après une vraie phase de consolidation, avec une valorisation correcte et un graphique qui commence à se retourner, plutôt que de courir derrière un secteur déjà monté de 300 ou 500 %.
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